Je ne l’ai pas toujours eu facile depuis que j’ai commencé la compétition avec mon cheval. J’ai tendance à penser que j’ai eu pas mal plus de bas que de hauts dans mes 3 saisons de shows. Je crois que plusieurs auraient sûrement abandonné et passé à un autre projet, plutôt que de continuer à persévérer pour ne pas toujours avoir les résultats escomptés. Je voulais donc vous partager ce qui me fait continuer d’avancer, et ce pourquoi je fais ce que je fais, sans abandonner malgré bien des embûches! Je veux partager mon histoire, non parce qu’elle est impressionnante ou incroyablement inspirante, mais parce que ça me permet de regarder mon passé et de voir à quel point j’ai évolué. Ça me permet de me remémorer mes victoires et mes défaites, et de m’améliorer du fait même. Et peut-être même que ça me permettra de donner à quelqu’un qui vit la même situation le petit boost qui lui manquait pour continuer d’avancer.
CE QUI ME FAIT PERSÉVÉRER MALGRÉ TOUT
Il faut d’abord prendre en compte que je montais en classique avant d’acheter mon cheval. J’ai pris des cours pendant une dizaine d’années et je montais majoritairement en classique, mais j’alternais avec le western aussi. Je n’ai donc pas acquis une expertise énorme en course de barils dans ma jeunesse, et je suis loin d’être une experte, mais j’ai beaucoup appris depuis l’achat de mon cheval, soit par des conférences, des expériences et des cours, ou sur le web, par des forums, des vidéos et des blogs. Une autre bonne façon d’apprendre est de regarder et analyser comment les autres travaillent leurs chevaux, et d’absorber tous les trucs que l’on se fait donner. C’est en restant ouverte d’esprit et en restant toujours positive que j’ai réussi à en apprendre autant en seulement quelques années.
À l’automne 2014, juste avant d’acheter mon cheval en novembre, je suis allée à un rodéo à Saint-Tite et voir le cercle des finalistes m’a fait réaliser que le monde du gymkhana et du rodéo me faisait vraiment rêver, et que c’est ce qui me rejoignait plus. Contrairement au classique, c’est ce que je me voyais faire dans l’avenir. C’est donc depuis 2014 que j’évolue dans le monde du gymkhana, mais de la course de barils plus particulièrement. Je me suis découvert une vraie passion, et maintenant, 5 ans plus tard, j’ai la tête remplie de souvenirs et de rêves qui me mènent à poursuivre cette passion et à rêver de passer un jour à un autre niveau.
C’est cette passion et ces rêves qui me font continuer malgré tout ce que j’ai pu avoir comme problèmes avec mon cheval, et c’est ce qui me fait faire de lui ma priorité. C’est ce qui me donne l’envie et les moyens de persévérer et de me dévouer à mon sport dans l’optique de m’améliorer et de toujours en apprendre plus. C’est ce qui m’a permis de passer au travers des saisons de shows où tout allait mal, où le stress de mon cheval prenait le dessus et où il refusait d’entrer dans le ring. C’est ma passion qui m’a permis de passer au travers et de toujours rester positive, et de trouver des moyens pour régler nos problèmes pour un jour peut-être être en mesure de faire des runs sur le sens du monde, même si je suis bien consciente que je n’ai pas un champion 1D ou même un cheval qui pète des scores, loin de là.
Je me contente de mon cheval presque 2D dans certains jeux et à peu près 3-4D dans ses barils puisque mon but est d’abord de m’améliorer et de devenir meilleure que moi-même, avant même de commencer à penser à me comparer aux autres. Selon moi, c’est le plus important lorsqu’on veut aller plus loin dans notre sport. Il est aussi primordial d’aimer le cheval avant la discipline. Je n’ai pas choisi mon cheval pour ses performances ou son potentiel compétitif, mais parce que je l’ai eu en demi-pension et que je suis vraiment restée attachée à sa personnalité. Un jour je serai rendue à un point où je vais me magasiner un cheval de rodéo, donc je pourrai penser un peu au sport en premier, mais je ne suis pas encore rendue là. Je compte bien faire ça dans les prochaines années par contre! Mais pour le moment, je me contente amplement de mon cheval 3-4D, qui me fait plaisir de show en show, et qui me rend heureuse malgré ses problèmes d’anxiété de performance. La plupart des gens qui le connaissent seulement en compétition ne le reconnaitraient probablement pas à la maison, où il est un cheval généralement calme, près de l’humain et très attachant. Il est mon heart horse, et c’est pourquoi je persévère autant avec lui afin d’apprécier son potentiel caché sous son stress.
Mon cheval m’a tellement surprise au fil des années. Passer d’un cheval de champ et de randonnée à un cheval qui a fait une finale d’association régionale dans le 2D, c’est gratifiant, même si cela n’est peut-être rien aux yeux de certains. Passer d’un cheval qui rentrait une fois sur deux dans le ring à un cheval qui a encore un peu de misère, mais qui est capable de me faire une run au complet sans passer droit d’un baril ou figer au milieu du manège, ça n’a pas de prix. J’adore mon cheval, et je ne l’échangerais pour rien au monde, qu’il réussisse à se classer au régional ou pas, qu’il me surprenne avec une run de barils 2D durant la saison ou bien qu’on jette tous nos barils. L’important c’est d’avoir du fun, de s’améliorer et de se permettre de rêver.

J’espère vous avoir donné une idée de mon expérience dans la compétition avec un cheval qui est loin d’être un champion, mais qui me fait plaisir d’année en année en s’améliorant constamment. J’ai choisi de faire avec ce que j’ai, et de faire ce que je peux, et c’est ce qui m’a menée dans cette aventure depuis bientôt 5 ans. Il faut bien commencer quelque part!
De ce fait, je vous souhaite à tous une bonne saison, en espérant vous avoir donné la motivation qu’il vous manquait peut-être pour ne pas lâcher même dans les moments plus difficiles en ce début de saison 2019. Croyez en vous, ne lâchez surtout pas, et les efforts finiront par porter fruits!

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