Les tests anti-dopage font partie inhérente des compétitions, peu importe la discipline, peu importe le sport. On en entend parler à la télévision, dans les actualités, sur les réseaux sociaux, autant pour le football, le golf ou le bodybuilding. Les joueurs qui testent positif font les manchettes et ouvrent les débats à savoir quelles substances interdites ne devraient pas l’être, si le joueur devrait être banni puisqu’il a triché, s’il avait raison d’utiliser le produit ou non. Rien n’empêche qu’il y a des règlements, qui peuvent être discutables à l’occasion, mais que si quelqu’un contrevient aux règlements, une sanction doit être appliquée. Les règlements sont là pour que tous puissent être au même niveau, tous égaux, pour garder le milieu de la compétition équitable.
Vous vous demandez sûrement où je vais avec ça. Si vous avez suivi un peu l’actualité équestre sur les réseaux sociaux dans les dernières semaines, vous savez probablement exactement de quoi je parle. Dans le cas contraire, vous avez lu une belle analyse sur les règlements anti-dopage avec des points d’interrogation dans les yeux. Je vous explique tout ça dans quelques instants.
Avant de commencer à discuter de ce sujet délicat, je tenais à dire : je vais commenter les faits d’un point de vue extérieur, sans nommer de nom ou faire d’allusion, simplement pour montrer les arguments pour et contre et pour démystifier les points de certains. Je vais expliquer ce qui s’est passé sans pointer personne du doigt, sans nommer les associations, sans recréer la controverse. Certains me lisant vont sûrement trouver de quelle association ou de quelles personnes je parle, mais ce n’est pas mon intention. Rajouter du drama par-dessus tout ça, ça ne changera rien et ce n’est pas productif.
Voici donc un résumé de la situation ainsi que mon analyse du tout, un deep dive sur les tests anti-dopage et sur certaines substances permises et interdites, en espérant faire réfléchir et sensibiliser les gens à un phénomène présent dans notre sport, et faire évoluer les mentalités.
LES TESTS ANTI-DOPAGE DANS LA COURSE DE BARILS AU QUÉBEC – PARTIE 1
La situation
Il y a quelques semaines, lors d’une compétition de barils, il y avait un nombre X de chevaux dans une classe de finale. Sur ce X nombre de chevaux, un seul a fait sa go. Pourquoi? Parce que juste avant que la classe ait lieu, les compétiteurs ont appris qu’il y aurait des tests anti-dopage lors de ce weekend pour cette classe (certains avaient d’autres engagements, mais pour la plupart, c’était pour éviter de se faire prendre à tester positif, supposément).
Par la suite, une personne ayant vu qu’une seule personne avait fait sa run a féliciter le gagnant sur Facebook, remarquant le fait cocasse qu’un seul cavalier avait couru pour la finale. Par la suite, les gens ont commenté, débattu, argumenté, ont défendu leur point autant que possible. On voyait clairement un clash entre les gens qui défendaient leur utilisation d’une substance illicite vs ceux qui trouvaient ça déplorable. J’ai suivi la publication avec mon popcorn (joke), c’était plutôt divertissant, mais surtout intéressant de voir des gens assez connus du monde équestre québécois donner leurs opinions sur le sujet. Ça m’a tout de suite donné envie d’écrire un article là-dessus, car je crois que c’est un moment qui va changer le cours de certaines choses dans notre industrie.
En gros, la substance utilisée par les cavaliers qui ont dû scratcher leur go pour ne pas tester positif aux tests anti-dopage ont utilisé du Lasix, qui est un médicament donné aux chevaux qui souffrent de EIPH (communément appelé bleeding). Plus de détails là-dessus plus tard, mais en gros, c’est une substance qui est illégale pour les compétitions au Québec, mais permise pour la course de barils aux États-Unis et dans le reste du Canada, et qui offre un soulagement considérable pour les chevaux atteint de EIPH. Par contre, c’est aussi un diurétique et peut contribuer à améliorer les performances.
Analyses des différents arguments soulevés
Argument pour #1 : C’est un médicament qui est bon pour les chevaux, éduquez-vous! C’est pour le bien de nos animaux.
Malgré qu’on puisse tous comprendre d’où cet argument vient, le produit mentionné est une substance interdite pour les compétitions au Québec. De ce fait, l’utiliser, c’est tricher et rendre l’environnement de compétition inéquitable. Gagner ne veut plus rien dire si on donne des substances interdites tant qu’on ne se fait pas prendre.
Argument pour #2 : Il serait temps que les règlements changent! C’est un produit qui ne devrait pas être considéré interdit.
Encore une fois, on peut comprendre cet argument, mais ce n’est pas la bonne façon de s’y prendre. Pour faire changer les règlements, on doit faire des demandes, prouver son point, amener des preuves et discuter avec les autorités en place, avec les décideurs. Pas une fois pris la main dans le sac.
Argument pour #3 : C’est permis ailleurs.
Ça ne change rien au fait qu’au Québec, c’est une substance interdite.
Argument contre #1 : Si c’est illégal au Québec, personne ne devrait l’utiliser au Québec.
Un argument sensé, empreint d’un souci d’équité.
Argument contre #2 : Est-ce normal pour des jeunes chevaux de déjà souffrir de EIPH et de compétitionner? Est-il vraiment prêt physiquement pour l’effort demandé?
Ce point m’a interpellée. Quand on y pense, si on se tourne vers le bien-être animal, est-ce normal que de jeunes chevaux soient tous ou presque des bleeders? Leurs capacités sont-elles respectées ou sont-ils poussés trop rapidement pour la performance? Est-ce que l’appât du gain peut parfois aveugler certaines personnes au point de dépasser les capacités physiques et/ou mentales de leurs montures? Ce sont toutes des possibilités qui mériteraient d’être investiguées, mais malheureusement, je n’ai pas la réponse à ces questions.
Argument contre #3 : On ne change pas les règlements en trichant et en se faisant prendre (ou presque), ça doit être fait au préalable en discutant et faisant valoir nos opinions aux personnes concernées.
J’ai déjà discuté ça plus haut, c’est effectivement comme ça qu’on s’y prend.
Argument contre #4 : Le Lasix peut servir de buvard pour camoufler d’autres substances, il peut améliorer les performances et c’est un produit à donner avec surveillance étroite puisqu’il déshydrate.
Une des raisons de pourquoi le Lasix n’est pas permis au Québec et dans certaines industries ailleurs en Amérique du Nord (notamment les courses aux États-Unis).
C’est tout pour ce qui est de la situation ayant eu lieu dernièrement. Les prochains points discutés sont plus généraux et ne comprendront pas mes propres arguments, simplement de l’information recueillies via différentes ressources sur le web. Les sources seront à la fin de l’article.
C’est quoi, les tests anti-dopage?
Les tests anti-dopage sont des tests permettant de détecter la présence de substances interdites chez les chevaux de compétitions de toutes sortes. Le guide de contrôle des médicaments équins de Canada Équestre sera disponible à la fin de cet article. Généralement, les tests sont effectués de manière aléatoire dans les compétitions.
AJOUTER INFO ICI
Voici le barème des amendes et pénalités en lien avec le contrôle des médicaments équins. Parce que oui, pour la plupart des offenses, ce n’est pas seulement une suspension, mais également une amende assez salée! Une bonne raison de ne pas utiliser des substances interdites et de respecter les temps d’éliminations des substances permises entre les compétitions.
Voici quelques mots que l’on peut lire sur le site web de Cheval Québec, et qui résument bien le sujet :
« Cheval Québec invite tous les adeptes de sports équestres, toutes disciplines confondues, à se soumettre aux exigences des tests de dépistage de drogues et de médicaments afin d’assurer la santé et le bien-être de tous les chevaux.
Les contrôles de médicaments équins et les tests de dépistage du programme antidopage ont lieu afin de vérifier que les règlements concernant les substances interdites pour les chevaux sont respectés.
Ces contrôles permettent à tous les participants de se mesurer à chances égales, d’assurer la sécurité des cavaliers, la santé et le bien-être des chevaux. Ils servent également à promouvoir une compétition juste et équitable. »
C’est par souci de l’animal, du cavalier et de l’équité que les tests ont lieu, et selon moi, ils devraient avoir lieu plus souvent et dans plus d’associations.
Survol des substances permises et interdites + Lasix
Vous trouverez dans le guide ci-dessous toute l’information concernant les substances interdites, ainsi que celles permises entre les compétitions avec des temps d’élimination. Entre autres, il est permis d’utiliser un seul anti-inflammatoire à la fois, et les substances interdites incluent la lidocaïne, l’hydrocortisone, la dexaméthasone et le naproxène.
Vous aurez peut-être remarqué une substance dans la liste se nommant « furosémide ». Mieux connue sous le nom de « Lasix », c’est cette substance qui a créé la controverse dans la situation présentée au début de cet article. Il s’agit d’un diurétique
Many people use furosemide (Salix, Lasix) routinely to help prevent bleeding in horses suffering from EIPH (Exercise Induced Pulmonary Hemorrhage). In most cases, a dose of furosemide is given and water is withheld at least 4 hours before competition in order to prevent bleeding. The theory is to decrease blood pressure and help prevent bleeding.
https://www.equestrian.ca/programmes-services/medicaments-equins
https://www.equestrian.ca/programmes-services/medicaments-equins/reglements-lignes-directrices
https://vetlineequine.com/the-harmful-effects-of-lasix/
Shauna Curran-Cooper, Equestrian Canada

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