Le bien-être du cheval en compétition

Le bien-être animal est un sujet délicat, mais au combien important.

Certains croient encore que le bien-être de nos chevaux en compétition égale de ne pas les maltraiter. Félicitations, si vous ne maltraitez pas vos chevaux, vous faites à peine le strict minimum! Voulez-vous une médaille ou un trophée? Wow, vous ne battez pas vos chevaux pour les faire courir vos barils, je suis impressionnée!

Blague à part, je pense que les « vieilles » mentalités ont beaucoup évolué dans les dernières années, mais qu’il y a encore du travail à faire pour éduquer les masses afin que chaque cheval soit traité comme il mérite de l’être. Il ne suffit pas de faire le minimum, il ne suffit pas de ne pas traiter nos chevaux comme des machines, il ne suffit pas de subvenir aux besoins fondamentaux du cheval, il en faut plus. On leur en demande plus, il faut leur en donner plus en retour.

Voici donc un article détaillant ce que représente le bien-être du cheval en compétition, pourquoi c’est important et ce que vous pouvez faire pour vous assurer du bien-être de vos chevaux, mais aussi des autres chevaux présents sur le site de compétition.

LE BIEN-ÊTRE DU CHEVAL EN COMPÉTITION

C’est quoi, le bien-être du cheval en compétition?

Cette section de l’article va probablement être pas SI plaisante à lire, surtout si vous êtes du genre à ne pas être en mesure de vous remettre en question sur vos méthodes, vos pratiques et vos façons de penser quand il en vient au traitement et à l’entraînement de vos chevaux. Je pense entre autres aux gens qui excusaient une pratique abusive sensée apprendre à un cheval à rester attaché sans tirer au renard, dans une vidéo qui a fait le tour du web il y a pas si longtemps. Si, au contraire, vous êtes constamment à la recherche de meilleures façons de faire et toujours en quête d’amélioration, vous risquez de vous retrouver dans bien des points ci-dessous. Vous pourrez trouver toute l’information dans les sources à la fin de l’article, je vous résume.

Le bien-être animal en compétition, c’est :

  • S’abstenir de faire subir aux chevaux des mauvais traitements et de faire preuve de cruauté à leur endroit. C’est-à-dire, ne pas utiliser un équipement de manière abusive, ne pas attacher un cheval de manière à ce qu’il soit inconfortable, ne pas laisser l’équipement sur notre cheval pour une durée excessive, ne pas utiliser des méthodes d’entraînement abusives telles que frapper le cheval avec un objet, ne pas utiliser excessivement les éperons, la cravache (whip) et la chambrière, ne pas constamment tirer dans la bouche du cheval, lui causant ainsi de la douleur ou de l’inconfort.
  • S’abstenir d’utiliser un équipement interdit (que ce soit l’équipement en tant que tel ou la manière de l’utiliser).
  • Éviter de faire travailler un cheval lorsqu’il est blessé ou en mauvaise condition physique, c’est-à-dire, ne pas faire compétitionner un cheval qui n’est pas prêt physiquement, ne pas faire compétitionner un cheval qui a de la douleur ou une blessure quelconque qui le gêne dans ses mouvements ou dans sa condition physique, conditionner le cheval avec des entraînements réguliers pour le maintenir en forme si l’on prévoit compétitionner, soigner le cheval adéquatement avant de reprendre l’entraînement/la compétition, etc.
  • Éviter de faire travailler le cheval de façon abusive, soit ne pas longer ou monter le cheval de manière à causer une gêne excessive ou une détresse et ne pas forcer le cheval à travailler/performer plus que sa condition physique ne lui permet.
  • S’abstenir d’administrer à un cheval des substances interdites.

Voici également les obligations du cavalier à l’endroit des chevaux selon Cheval Québec :

  • Tenir compte du bien-être des chevaux.
  • Traiter les chevaux avec la bonté, le respect et la compassion qui leur sont dus.
  • Prodiguer les soins nécessaires aux chevaux, lorsqu’il les manipule, les soigne et les transporte.
  • Prendre les mesures nécessaires pour que les chevaux reçoivent des soins préventifs et des interventions vétérinaires appropriés.
  • Se tenir informé des progrès techniques en matière de traitement des chevaux.

En gros, tout ça, c’est la BASE. Le genre de chose que TOUT cavalier devrait savoir. Que vous soyez un cavalier de loisir qui ne fait qu’une randonnée de temps à autre, ou un cavalier compétitif qui entraîne tous les jours et compétitionne tous les weekends, le bien-être animal est essentiel pour assurer le confort, l’aisance, le bonheur, la longévité, la santé physique et la santé mentale de vos animaux.

Pourquoi c’est important?

Le bien-être animal est à la base de tout bon cheval. En respectant l’animal, ses besoins, ses forces, ses faiblesses, ses capacités et ses émotions, vous créerez une meilleure relation avec votre cheval et vous saurez déceler les lacunes dans votre entraînement, les points faibles à travailler, les limites de votre cheval et vous pourrez amener votre cheval à travailler avec vous, à faire équipe.

Encore une fois, je vais mentionner la méthode d’entraînement de Rock Beaupré. Selon moi, elle englobe parfaitement le bien-être animal pour la compétition, en détaillant les points de base pour assurer la longévité, le respect et la santé du cheval. Je vous laisse le lien pour aller consulter la publication de Rock qui détaille les 5 points de la technique DonLeo.

Le bien-être animal, c’est important car sans respect pour l’animal, sans prendre soin de l’animal, sans traiter l’animal comme il le mérite, notre sport n’a pas lieu d’être. Les temps où l’on traitaient les chevaux comme des machines pouvant nous rapporter de l’argent en compétition sont révolus depuis bien longtemps, malgré qu’il reste encore des mentalités et des pratiques à changer.

Ce que vous pouvez faire

À part ne PAS faire les choses mentionnées dans la première partie de l’article, voici les choses que vous pouvez faire pour vous assurer du bien-être de vos chevaux en compétition.

  • Commencer votre entraînement et remise en forme de votre cheval BIEN avant votre première sortie en compétition.
  • Utiliser de l’équipement adapté à votre cheval (selle et bride bien ajustées, mors qui lui convient, protections qui lui conviennent, etc.).
  • Vous assurer d’offrir la nutrition nécessaire à votre cheval en comblant ses besoins nutritionnels BIEN avant le début de votre entraînement/saison de compétition.
  • Vous assurer que votre cheval est à l’aise et en sécurité lors du transport (licou confortable, pas attaché trop serré, fournir du foin au besoin, arrêter fréquemment pour donner de l’eau lors des longs transports, mettre des protections au cheval au besoin, mettre de la litière dans le fond de la remorque, etc.).
  • À votre arrivée à la compétition, fournir de l’eau et du foin au cheval.
  • Fournir un endroit propre, sec et confortable à votre cheval pour la durée de la compétition (nettoyer régulièrement le boxe, fournir de la litière au besoin, vous assurer que votre cheval est à l’abri du soleil/des intempéries).
  • Vous assurer RÉGULIÈREMENT que votre cheval a de l’eau et du foin.
  • Réchauffer adéquatement votre cheval avant de compétitionner.
  • Refroidir amplement votre cheval après avoir compétitionné.
  • Fournir des soins supplémentaires adéquats à votre cheval (frictions, bandages, thérapies spécialisées si désiré, massage, étirements, marcher le cheval, etc.). Ce n’est pas nécessaire de tout faire ni d’avoir toutes les technologies possibles dans notre remorque, mais notre cheval fait un effort supplémentaire en compétition vs à l’entraînement, il a donc besoin de soins supplémentaires pour contrer les courbatures, éviter les douleurs ou les blessures et pour être prêt à retourner sur la route dans la remorque ou à compétitionner le jour suivant. Donc sans nécessairement avoir de l’équipement ou des technologies sous la main, il faut traiter les courbatures après l’effort en marchant longtemps, en faisant des étirements, bref, soulager notre cheval d’une manière ou d’une autre.

Je me permets d’ajouter que vous ne devez absolument pas hésiter à dénoncer de la maltraitance, que ce soit un cheval qui se fait injecter une substance interdite, une personne qui utilise des méthodes abusives, ou encore un cheval qui semble mal en point mais qui est quand même monté et préparé à aller faire sa run. Évidemment, selon la gravité du problème, vous pouvez en parler avec la personne concernée en premier ou bien vous rendre aux officiels de l’événement directement. J’encourage aussi les dirigeants d’associations à prendre ces dénonciations au sérieux et à réprimander les personnes qui contreviennent au bien-être de leurs animaux. Il ne suffit plus de fermer les yeux lorsqu’on voit quelque chose qui peut causer du tort ou de la souffrance à nos animaux. Si vous voyez quelque chose, dites quelque chose.

C’est ce qui conclut cet article sur le bien-être du cheval en compétition. J’espère que vous avez apprécié et que vous l’aurez pris avec un grain de sel! Nous sommes tous différents et avons tous notre propre perspective sur de tels sujets. L’important c’est d’y prendre ce dont vous avez besoin et de travailler à faire de notre sport un exemple à travers la communauté des sports équestres. C’est en faisant de petits changements et de petits efforts que l’on pourra changer notre industrie. Les sources utilisées pour cet articles sont ci-dessous. N’hésitez pas à partager votre opinion et ce que le bien-être animal veut dire pour vous et vos chevaux dans les commentaires!

Sources

https://www.cheval.quebec/sante-et-bien-etre.html

https://datacheval.quebec/Le-Cheval-Bien-etre-et-sante-Obligations-a-lendroit-des-chevaux

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