Les tests anti-dopage dans la course de barils au Québec – Partie 2 (l’éthique et le bien-être animal)

Dans la première partie de cet article traitant sur les tests anti-dopage, je vous proposais une analyse d’une situation qui s’est produite l’an dernier dans une compétition au Québec. Pour résumer si vous ne l’avez pas encore lu, cet article présentait la situation, les différents arguments et pourquoi la justification de l’utilisation d’une substance interdite était futile. J’ai aussi parlé du fonctionnement des drug tests, des substances permises et interdites, ainsi que de la substance qui fait la polémique, soit le Lasix.

Je vous recommande de lire la partie 1 avant de poursuivre votre lecture. Vous pourrez la trouver ici.

Dans cette partie, je vais discuter du côté éthique de cette situation, du bien-être animal dans la compétition ainsi que de l’équité dans notre sport. On va donc aborder des sujets un peu plus délicats que dans la partie 1, mais qui méritent d’être mis en lumière. Mon opinion sera également plus présent, donc soyez avertis!

LES TESTS ANTI-DOPAGE DANS LA COURSE DE BARILS AU QUÉBEC – PARTIE 2

Le côté éthique et le bien-être animal vs les substances interdites

La frontière entre bien-être animal et performance est très mince. Comme vous avez pu lire dans la partie 1, plusieurs sont convaincus que certaines substances, même si elles sont interdites, sont bénéfiques pour la santé de leur animal. Ces personnes font donc la bonne chose selon leur propre code d’éthique, non seulement pour assurer une meilleure performance lors des compétitions, mais pour permettre à leurs chevaux de performer en étant en meilleure santé car ils ont la médication nécessaire pour leurs problèmes de santé. Ça peut donc être difficile de convaincre quelqu’un de ne pas donner de substances interdites si ces substances sont vues comme nécessaires pour leur monture.

À l’envers de la médaille, certaines de ces substances sont interdites pour une bonne raison, comme par exemple, l’augmentation de la performance, le camouflage d’autres substances ou parce qu’un cheval n’est pas en état de performer lorsqu’il est sous ces médications. C’est là qu’on doit se poser la question : est-ce pour le bien-être de notre animal qu’on lui donne ses substances, ou pour notre propre bien-être sachant que l’on performera plus? Donnerait-on ces substances au cheval s’il n’y avait pas d’argent en jeu? Le produit est-il vraiment bon pour l’animal, ou seulement bon pour notre portefeuille?

Dans le cas d’un produit qui est illégal, mais qui est véritablement bon pour les chevaux de performance pour leur permettre d’être plus confortable, de les maintenir en santé plus longtemps et d’allonger leur carrière, je suis d’avis que des changements devraient être apportés aux règles. Mais pour ce faire, il faut faire des études, des rapports, des analyses, puis présenter un dossier aux autorités en place. Il y a une manière de faire pour tout dans la vie, et je trouve réprimandable que certains aient cru bon d’utiliser le fait qu’un changement serait nécessaire comme excuse pour utiliser une substance interdite une fois pris la main dans le sac. Peut-être ont-ils raison, mais ce n’est pas la manière de s’y prendre.

Le bien-être animal dans la course de barils

La course de barils, contrairement à d’autres disciplines (je ne m’embarquerai pas là-dedans par contre), est un sport qui peut se pratiquer dans le respect de l’animal et de son bien-être. On a l’opportunité de pratiquer un sport équestre tout en respectant notre cheval, en faisant équipe avec lui, en travaillant les bases pour créer des athlètes équins avec des carrières durables. Avec la bonne approche, de la patience et du travail, on arrive à créer un partenariat harmonieux avec un cheval et aller performer avec notre monture à long terme. C’est ce qu’on devrait promouvoir, plutôt que de miser sur le too much too fast. La culture de la course de barils est tellement axée sur la vitesse et la performance que beaucoup oublient qu’un bon cheval de barils, c’est un cheval avec des bases solides, qu’on peut travailler de différentes manières, de sorte à ce que le cheval puisse faire son travail à long terme sans se tanner ou blow up, et en restant aussi sain que possible. Un bon exemple est Rock Beaupré et sa méthode Donleo. Rock est une personne que j’admire beaucoup, et sa philosophie est très représentative de ce que l’industrie a besoin en termes de bien-être animal.

Trop souvent, nous voyons des propriétaires qui s’occupent à peine de leurs chevaux, qui arrivent en compétition avec l’appât du gain avec des chevaux maigres, boiteux ou simplement pas prêts à performer, on les voit pousser, whipper et ramasser leurs chevaux en leur tirant dans la bouche quand tout ne va pas comme ils avaient prévu. On voit des jeunes chevaux performer weekend après weekend malgré leur jeune âge, sans savoir s’ils sont sous médication ou non, sans savoir s’ils sont réellement prêts ou non, puis on ne les revoit pas sur le circuit dans les années suivantes. On voit des gens qui sont à peine capable de rester assis sur leur cheval s’inscrire à des compétitions puis aller se blesser ou blesser leur cheval car ils ne savent pas ce qu’ils font. On voit des chevaux qui ne sont pas sains sur les terrains de compétitions, puis on voit leurs propriétaires les forcer à courir et à performer. C’est désolant de voir ça, car la course de barils peut tellement être un beau sport, mais ce dont on se rappelle, ce sont les quelques pommes pourries qui ruinent l’expérience pour tout le monde et qui nous font paraître pour une bande d’amateurs qui ne prennent pas leur sport ni leurs animaux au sérieux. Quand je vois des choses du genre, j’ai mal à mon sport.

Nous devrions promouvoir des athlètes équins avec des carrières durables, des chevaux en santé, qui ne sont pas poussés au-delà de leurs limites ou de leurs capacités pour le gain monétaire (surtout chez les jeunes chevaux!). Nous devrions focusser sur le bien-être des chevaux en donnant de la médication au besoin, mais en fournissant aussi un programme de soins, des thérapies, des séances de réchauffement et de refroidissement avant et après l’entraînement, en ayant des plans de nutrition adaptés à leurs besoins et en entraînant en respectant la biomécanique et les besoins de nos montures. Nous devrions promouvoir le partenariat entre humain et cheval. Et nous devrions prendre les mesures nécessaires pour tous les contrevenants, que ce soit des utilisateurs de substances interdites ou des gens qui maltraitent leurs animaux. Une avancée est nécessaire pour le bien-être animal dans notre sport.

Le soucis de l’équité dans notre sport

Un sport équitable, c’est ce que les règlements tentent de créer. C’est pour cela qu’il y a autant de règlements dans les livres de Cheval Québec et de Canada Équestre, ainsi que dans les règlements de chaque association de compétition. Ça ne veut pas dire que les règlements sont absolus et qu’ils ne devraient jamais être questionnés ou modifiés, mais ça veut dire qu’il faut suivre ceux en place afin que tous compétitionnent équitablement, en suivant les mêmes directives, créant ainsi un level playing-field.

On devrait être en mesure de créer un sport équitable, qui respecte l’animal et ses limites, en se dissociant de l’appât du gain, où tout le monde a sa place, où tous jouent le jeu égal. C’est désolant de savoir que pour « le petit peuple » qui essaye de se tailler une place dans l’industrie en suivant les règles ne sera jamais en mesure de performer autant ou de percer parmi les grands noms de l’industrie, puisque certains de ces derniers utilisent des substances interdites pour performer. À quoi bon compétitionner en étant honnête et de bonne foi si les gens qui ont du succès le font en trichant? Évidemment, ce n’est pas tout le monde qui triche, mais vous comprenez ce que je veux dire.

Enfin, j’applaudis tous les comités, tous les représentants et toute autre personne impliquée dans l’organisation de compétitions et de tests anti-dopage, et tous ceux qui s’occupent de la législation avec Canada Équestre et Cheval Québec. Tous ceux qui font en sorte de promouvoir un sport équitable, tous ceux qui travaillent à ce que notre sport soit accessible à tous, tous ceux qui sensibilisent et qui font leur possible pour le bien-être animal et pour le bien-être de notre sport. Je rêve d’un jour où tout sera équitable, éthique et axé sur le bien-être animal dans la course de barils. C’est quelque chose de facilement atteignable, mais nous avons du pain sur la planche pour y arriver.

J’espère que vous aurez apprécié ce deep dive plus controversé qu’à mes habitudes, mais c’est quelque chose qui me tiens à coeur et que j’avais envie de partager. N’hésitez pas à me donner vos opinions dans les commentaires. Que vous soyez d’accord ou que vous pensiez que j’ai tort, je suis ouverte à la discussion. On se revoit dans un prochain article!

https://www.youtube.com/watch?v=2raff_hX4xQ&t=1s

Une réponse à « Les tests anti-dopage dans la course de barils au Québec – Partie 2 (l’éthique et le bien-être animal) »

  1. […] parlé du bien-être animal dans la course de barils dans mon précédent article sur les tests anti-dopage. Je vous suggère fortement d’aller y jeter un oeil, puisque c’est assez complet, mais […]

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